Après avoir réfléchi, réfléchi et réfléchi… Il est temps de passer à l’action et y aller franchement, sur la route de cette fameuse reconversion professionnelle !

Dans l’article précédent, je vous explique comment j’en suis venue à choisir de me reconvertir en tant que Conseillère en Insertion Professionnelle (CIP). Venant du monde de la communication et du web, il me semblait malvenu de frapper aux portes des recruteurs sans avoir de connaissances précises sur l’insertion. Commence alors la phase de découverte du métier que je conseille d’ailleurs à tout le monde avant d’entreprendre quoi que ce soit d’autre.

Réalisation d’enquêtes métiers

Oui,  « métiers » au pluriel. Parce qu’en réalité, j’ai volontairement élargi à des domaines connexes qui m’intéressaient. J’ai demandé à mon réseau (personnel et professionnel) si des personnes souhaitaient parler de leur métier et ai également démarché de parfaits inconnus. Note à ceux qui n’oseraient pas faire cela : il y a vraiment peu de gens qui refusent de parler de leur job ! Allez-y car c’est l’un des meilleurs moyens de se confronter à la réalité sans prendre de risques.

Au total j’ai réalisé 14 enquêtes différentes au téléphone et en face-à-face, pour une durée moyenne d’une heure (il faut bien cela et cela passe très vite). Mes questions portaient sur les parcours des personnes, leur quotidien, conditions de travail, quelles compétences et qualités réunir, les points positifs et négatifs de ce type de poste, leur vision de l’évolution du métier, etc. Si cela vous est utile, contactez-moi pour recevoir le questionnaire-type qui me servait de base.

J’ai interviewé des personnes aux profils variés :

  • des psychologues du travail (un indépendant et une salariée à Pôle emploi),
  • 1 conseiller Pôle emploi,
  • 1 future CIP en train de finaliser sa formation,
  • 1 moitié directrice de Mission Locale et moitié CIP,
  • des consultants en mobilité professionnelle et 1 en ressources humaines,
  • des responsables et encadrants techniques de structures d’insertion.
  • 1 chargée de mission dans un collectif d’insertion.

C’était tellement enrichissant que j’aurais voulu en faire encore et encore ! Tous ont joué le jeu et m’ont parlé sans retenue de leur quotidien.

Analyse des enquêtes

Malgré les profils totalement différents, j’ai ressorti des constantes. Voici les points positifs qui revenaient souvent :

  • tous sont passionnés par leur métier,
  • ils le considèrent comme valorisant car utile aux autres,
  • le contact humain est une part importante du quotidien,
  • chaque accompagnement est différent ce qui permet de ne jamais s’ennuyer,
  • il y a beaucoup de bienveillance et d’entraide, envers les accompagnés bien sûr mais aussi l’équipe et les personnes externes.

J’ajoute également un point qui n’a pas été cité mais que je constatais en filigrane durant les entretiens : l’accompagnement des personnes favorise également le travail sur soi, l’auto-analyse. En aidant les autres, on s’aide soi-même (et vice versa d’ailleurs).

Et les points négatifs :

  • c’est épuisant émotionnellement,
  • il faut se faire à l’idée que des personnes accompagnées ne voudront / pourront jamais avancer,
  • les métiers de CIP sont précaires et mal payés,
  • Les budgets sont de plus plus minces ce qui limite les champs d’actions,
  • l’insertion professionnelle dépend essentiellement des volontés politiques,
  • l’administratif prend une place énorme et complexifie le travail,
  • des objectifs chiffrés doivent être remplis ce qui brouille la vocation d’origine du métier,
  • le numérique prend de plus en plus d’ampleur, ce qui creuse l’écart avec le public accompagné.

Il y a plus de points négatifs en effet. Les enquêtes métiers permettent d’en prendre conscience. Pourtant les points positifs sont nettement plus importants selon moi, car ils font écho à mes valeurs.

Après chaque enquête métier, j’ai mis au propre mes notes et les relis de temps en temps pour revenir sur quelques points.

La période d’immersion

Cela s’appelle plus précisément une « PMSMP » (Période de Mise en Situation en Milieu Professionnel) anciennement appelée « EMT » (Évaluation en Milieu de Travail). Pour en avoir déjà fait une par le passé avec Pôle emploi, je savais que c’était un moyen efficace de vérifier si le métier et le milieu me convenaient.

Volontairement, j’ai choisi de faire une mini période d’immersion. 2 jours, en fait ! Mon objectif était d’en faire plusieurs de 3 à 5 jours maximum dans différentes structures d’insertion, afin d’avoir une 1e approche avant la formation et comparer le fonctionnement interne. En fin de compte je n’ai pas conclu d’autres PMSMP, ayant trouvé un CDD entre-temps.

Ceci dit, sur 2 jours j’ai appris énormément. Suite à une enquête métier avec l’adjointe de direction de la Mission Locale de Loches, nous avons parlé de mes projets et notamment d’une PMSMP. Ce qui a débouché par la suite sur ce mini stage. Les enquêtes métier sont vraiment un formidable levier pour ouvrir des portes et favoriser le réseau !

J’ai assisté à des actions collectives : fin de cohorte garantie jeunes, démarrage d’une nouvelle cohorte, réunion d’équipe sur les suivis des jeunes. J’ai également pris part à des entretiens individuels et un rendez-vous de bilan avec une jeune salariée et son employeur. Enfin, j’ai interviewé à peu près tout le monde pour connaître les postes de chacun. Ces 2 jours ont été denses, j’ai eu l’impression que j’y avais passé beaucoup plus de temps. En somme c’était agréable car j’ai été tout de suite intégrée dans l’équipe et trop court (inévitablement).

Et ensuite

Les enquêtes métiers ont confirmé et infirmé des opinions que j’avais. C’était donc bénéfique. Cela m’a même facilité les choses pour réaliser une PMSMP. Alors évidemment en 2 jours on ne peut pas faire beaucoup de choses. C’était cependant intéressant et j’ai beaucoup appris dans ce laps de temps.

J’ai également échangé de manière informelle avec des professionnels du secteur sur LinkedIn, ce qui n’est pas comptabilisé dans les enquêtes métiers. En plus de cela, j’ai participé à une soirée-débat sur les préjugés du secteur, organisé par le collectif Touraine Insertion. Deux manières indirectes et particulièrement efficaces de constituer mon nouveau réseau pour ce nouveau métier.

C’est là que je vois à quel point mes compétences en communication et marketing sont un atout dans cette reconversion !

La prochaine étape ? S’atteler à la formation proprement dite. Vous découvrirez tout cela dans mon prochain article

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