Thérapeute, professeur·e, magicien·ne... C'est tout ce que l'accompagnant·e dans l'insertion professionnelle n'est pas. Je me suis rendue compte que l'on peut vite franchir la limite et porter une casquette qui n'est pas adaptée.

C'est une question de rôle et de posture. L'accompagnement d'un public dans son insertion professionnelle nécessite en effet une posture spécifique : écoute, questionnement, empathie (mais pas sympathie !), etc.

Le respect - de l'autre bien sûr, mais aussi de soi - est essentiel dans la pratique.

Respect de l'autre

Dans ce métier, il est nécessaire de laisser l'autre être qui il·elle est réellement, avec son histoire, son bagage, sa personnalité. Il y a des fois où ce n'est tout simplement pas le bon jour. La personne ne veut pas être là, parler, écouter, voir d'autres solutions... Eh bien on fait quand même avec, même si l'accompagnement peut s'en voir altéré. C'est aussi cela le respect de l'autre. Si j'osais, je dirais presque "Venez comme vous êtes !" pour illustrer mes propos ! 😉

C'est également, parfois, laisser la personne accompagnée - pardonnez-moi l'expression - se prendre un mur.
Il y a en effet des personnes qui ont besoin de cela pour ensuite entendre les arguments de l'accompagnant·e, envisager d'autres pistes.
Dans un sens, heureusement : c'est en faisant des erreurs qu'on apprend le mieux ! En tirant des leçons, la personne sera ainsi plus favorable à envisager une autre option. Mais ce n'est pas simple, car l'erreur peut impliquer la souffrance. Certaines personnes se relèveront, d'autres non ou bien avec difficulté. Une question de personnalité et comportement sur laquelle l'accompagnant·e n'a aucune prise (et tant mieux).

Il faut également se souvenir en permanence que la personne a la responsabilité de sa propre vie. Elle fait ses choix et ce sera elle qui en supportera les conséquences, quels qu'ils soient. L'accompagnant·e n'est pas là pour l'influencer dans ses choix et pourtant le juste dosage n'est pas si facile à faire...

Respect de soi

Parce qu'il faut laisser l'autre être lui-même, il faut également rester soi-même. C'est même primordial ! Hors de question de se laisser aller à des débordements. Notamment si la personnalité de l'autre personne ou si son système de valeurs est différent de l'accompagnant·e.
Les points de vue divergents sont inévitables et même nécessaires. Attention cependant à ne pas autoriser de comportements déviants ou dangereux sous prétexte du respect. C'est là toute la difficulté : chacun a son propre espace, la personne accompagnée tout comme l'accompagnant·e.
J'ai souvent entendu des professionnels de l'accompagnement dire qu'il faut "se blinder" et, quelque part, cette expression m'a toujours dérangée. Elle sous-entend qu'il faut se protéger de l'autre, s'en défendre, se créer une cuirasse ou un bouclier.
Et si on optait plutôt pour la communication, tout simplement ? Est-ce que ce ne serait pas une méthode plus saine pour aller vers l'autre, le comprendre ?

Quant à la souffrance de l'autre, elle lui appartient. La compréhension est importante et peut-être finalement que la personne a simplement besoin d'exprimer ses émotions, sans nécessairement aller jusqu'à trouver une solution. C'est ce que j'ai souvent constaté en effet. Les personnes accompagnées ressentaient avant tout le besoin de s'exprimer, soit pour être entendues, soit pour s'entendre elles-mêmes. En revanche, toutes n'ont pas vraiment envie d'aller au-delà et de rechercher une ou plusieurs solutions pour se sortir de situations difficiles. Parfois cela viendra plus tard (chaque chose en son temps) et parfois cela ne viendra tout simplement jamais... C'est là aussi une question de choix et l'accompagnant·e n'a pas à le faire à la place de la personne - de toute façon cela ne fonctionnerait pas !

Et vous, quelle posture adoptez-vous dans votre pratique ? Quels résultats obtenez-vous ?

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