De nombreuses personnes m’ont dit : « bravo, c’est courageux de se reconvertir !« . J’ai entendu cela avant, pendant et après ma reconversion professionnelle, par des personnes proches ou inconnues. Et j’étais toujours étonnée de cette remarque. Cela m’interpellait tellement que je me suis penchée une bonne fois pour toutes sur la question : la reconversion professionnelle demande-t-elle du courage ?

Les étapes du changement

Tout d’abord, le changement, c’est quoi ? Tout simplement un ensemble d’étapes entre un état de départ et un état d’arrivée, qui sont différents. Ces étapes sont en réalité des cycles de deuil. Chacun passe par des étapes (avec parfois des allers-retours entre elles) : choc, déni, colère, frustration, résignation, marchandage, acceptation.

La reconversion professionnelle, qui est un changement, a comme point de départ le désir de changer car la situation actuelle ne répond pas ou plus à nos besoins.

Les projections des autres

Les remarques qui m’ont été faites sur ma reconversion ne sont en fait que les projections des pensées des autres. C’est l’effet miroir : on critique ou on reproche quelque chose chez l’autre ce qui nous dérange chez nous. Quand on interroge l’autre, on s’interroge aussi. Il y a des personnes à qui je parlais de ma reconversion qui étaient surprises de l’apprendre et me posais des questions empreintes de jugement. Elles s’interrogeaient elles-mêmes finalement.

J’ai constaté que l’idée de reconversion séduisait souvent les gens autant qu’elle les effrayait en même temps. C’est ce qui se passe quand on regarde un objectif qui nous semble énorme. Pourtant, il suffit de le découper en petites étapes facilement réalisables pour atteindre l’objectif final. Quand on regarde ensuite en arrière, on est satisfait du chemin parcouru et on avance plus vite. Le changement ne se met pas en place tout de suite car il y a tout un cheminement progressif entre le point de départ et d’arrivée. C’est cela qui fait peur aux autres, mais quand on le vit c’est différent, c’est plus fluide.

Et moi dans tout ça ?

Jamais dans ma vie je me suis considérée comme une personne courageuse. Me reconvertir était une nécessité absolue pour moi, un irrépressible besoin. Il était donc normal de faire tout ce que je pouvais pour répondre à ce besoin. J’avais en effet pris la (sage !) décision de m’écouter et respecter ce qui est important pour moi.

La météo de ma vie a été variée pendant cette période de changement : orages, tempêtes, calme plat, arc-en-ciel, nuages, soleil au beau-fixe… Bref, ce n’était pas de tout repos ! Les épreuves ont été très nombreuses. Je ne parle même pas de la pression que je me mettais toute seule. Quant à ma motivation, elle était un véritable yoyo.

Cependant je n’ai pas eu l’impression d’avoir fait preuve de courage. J’avais plutôt un objectif qui me tenait très à cœur. Cet objectif devait être atteint coûte que coûte parce que rester dans ma vie telle qu’elle était à ce moment était pour moi très – ou trop – inconfortable. Tout cela a duré un an 1/2 avec des phases où j’alternais périodes de « confort » (qui était plutôt relatif) et d’inconfort (moments particulièrement difficiles).

Le fil rouge qui m’a fait tenir n’était pas du courage, mais plutôt mon objectif et mon état d’esprit. Être dans l’action pour changer les choses m’était essentiel. Quand je regarde en arrière, je vois une succession de décisions qui a mené à des résultats positifs et d’autres non.

Pour résumer, je ne pense pas que tout cela nécessite du courage. Changer de voie professionnelle, c’est avant trouver une bonne raison de changer. Mais pas n’importe laquelle : LA bonne raison, celle qui nous fait vibrer, celle pour laquelle on veut avancer. Une question d’état d’esprit plus que de courage, en fin de compte.

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